Laisser deux pions exposés à la fin de votre tour semble plus risqué que d’en laisser un seul.

Le nombre de pions exposés ne suffit pourtant pas à évaluer le risque : il faut regarder quels jets permettent de les atteindre.

Commencez par un seul pion exposé

Dans notre première position, le pion ivoire au point 16 est seul. C’est un blot : un pion rouge qui s’y pose l’envoie à la barre.

Deux pions rouges se trouvent au point 10, six points derrière lui. Un six permet de frapper. Plusieurs combinaisons y parviennent aussi, dont 5–1, 4–2 et le double trois. En comptant toutes les possibilités légales, on trouve 17 jets sur 36, soit environ 47,2 %.

Donnez maintenant un 5–1 aux ivoire. Déplacez le pion du point 16 au point 11, puis un pion du point 3 au point 2. Cette séquence est légale et laisse deux pions exposés.

Regardez comment les frapper. Les rouges ont besoin d’un as pour aller de 10 à 11. Leurs pions au point 1 ont eux aussi besoin d’un as pour frapper le nouveau blot au point 2. La prime de six des ivoire, les portes consécutives de 3 à 8, ferme les chemins plus longs.

Le même nombre sert à deux choses

Les deux menaces reposent désormais sur un as. Il y a 11 jets avec au moins un as, donc 11 jets qui permettent de frapper au total. On ne compte 1–6 qu’une fois, même si les rouges peuvent utiliser son as contre l’un ou l’autre pion.

Les ivoire ont créé un blot supplémentaire, mais la probabilité d’au moins une frappe est passée de 17 jets sur 36 à 11 sur 36, soit environ 30,6 %.

Ce chevauchement s’appelle la duplication. Vous cherchez à faire dépendre plusieurs actions utiles de l’adversaire des mêmes nombres.

Comptez les jets, puis changez la position

Choisissez une disposition, puis un jet. Vous pouvez dérouler une réponse légale avec une frappe lorsqu’elle est possible. Les rouges vont vers le point 24.

17 jets sur 36 permettent au moins une frappe (47,2 %).

Les ivoire ont un blot au point 16.

12345678910111213141516171819202122232401

Les ivoire vont vers le point 1, les rouges vers le point 24. La numérotation est celle des ivoire.

Lire la position

Ivoire, point : nombre de pions. 3: 3, 4: 2, 5: 2, 6: 2, 7: 2, 8: 2, 16: 1. Rouge : 1: 2, 10: 2, 19: 3, 20: 3, 21: 3, 23: 2. À la barre : ivoire 0, rouge 0. Sortis : ivoire 1, rouge 0.

Changez un détail

Dans l’exemple, choisissez « Deux, distances différentes ». Nous avons reculé la paire rouge du point 10 au point 9, sans rien changer d’autre.

Un deux frappe maintenant le pion au point 11, tandis qu’un as frappe toujours celui au point 2. Davantage de jets contiennent un nombre utile : 20 sur 36 permettent une frappe.

Les deux blots ivoire n’ont pas bougé. Le risque de frappe a changé parce que les pions adverses ont changé de place.

Il reste un prix à payer

Dans la disposition aux distances identiques, essayez le double as : les rouges peuvent frapper les deux pions. Les jets dangereux sont moins nombreux, mais celui-ci peut coûter cher.

Ce décompte est un point de départ pour réfléchir. Il ne mesure ni les conséquences de chaque frappe, ni la force des jans intérieurs, ni les chances de gagner. Nous comparons la possibilité d’au moins une frappe au prochain tour, sans désigner une meilleure séquence.

La prochaine fois que vous devrez laisser un pion exposé, regardez au-delà du nombre de blots. Comptez les nombres dont l’adversaire a besoin et repérez ceux qui servent plusieurs de ses projets.

La duplication est un principe classique du backgammon. Nous avons pris pour référence l’article de Kit Woolsey consacré à la duplication. Les positions, le texte et la comparaison interactive de cette page ont été créés pour CUBE Backgammon.

Comment nous avons vérifié l’exemple

Chaque position comporte 15 pions par camp, dont un pion ivoire déjà sorti. Nous avons vérifié les 36 jets ordonnés avec leurs séquences légales complètes : points intermédiaires bloqués, quatre déplacements pour les doubles et obligation de jouer le maximum de dés. Un jet compte dès qu’au moins une séquence complète permet une frappe. Dans une vraie partie, les rouges peuvent préférer une autre séquence. Nous distinguons aussi les jets permettant deux frappes.